Logion 18 de l'Évangile selon Thomas : Commencement, fin et traversée de la mort

Grade du Rite Écossais Rectifié : Maître
Thème spirituel : La mort symbolique et la recherche du centre perdu

Le texte du logion 18

« Les disciples dirent à Jésus : Dis-nous comment sera notre fin. Jésus dit : Avez-vous donc découvert le commencement, pour que vous cherchiez la fin ? Car là où est le commencement, là sera la fin. Heureux celui qui se tiendra dans le commencement, et il connaîtra la fin, et il ne goûtera pas la mort. »

La question des disciples : comment sera notre fin ?

Le logion 18 s'ouvre sur une question que tout homme se pose un jour ou l'autre : « Dis-nous comment sera notre fin. » Cette interrogation n'est pas une simple curiosité intellectuelle ou une demande de prédiction. Elle exprime l'angoisse fondamentale de l'être humain face à sa propre finitude, face à la mort qui le limite et le définit.

Les disciples veulent savoir ce qui les attend au terme de leur existence. Ils cherchent une assurance, une certitude, peut-être un espoir de survie ou de continuité au-delà de la dissolution physique. Cette question est légitime, elle est même constitutive de toute démarche spirituelle authentique : celui qui ne s'interroge pas sur sa fin reste dans l'insouciance ou dans le déni.

Mais la réponse de Jésus ne va pas dans le sens attendu. Au lieu de décrire l'au-delà, de promettre un paradis ou d'annoncer un jugement, il renverse la question : « Avez-vous donc découvert le commencement, pour que vous cherchiez la fin ? »

Le renversement : avez-vous découvert le commencement ?

La réponse de Jésus ne répond pas directement à la question posée, mais elle la déplace. Elle suggère que la préoccupation de la fin est prématurée, voire illusoire, tant que le commencement n'a pas été découvert.

Qu'est-ce que le commencement ?

Le commencement dont parle le logion n'est pas le commencement chronologique, le premier instant de l'existence individuelle ou cosmique. Il désigne plutôt l'origine, le principe, la source dont procède toute vie et vers laquelle tout doit retourner.

Ce commencement est à la fois :

  • Ontologique : l'être même de l'homme, avant toute détermination particulière, avant toute chute ou dégradation.

  • Théologique : le lieu de la présence divine, le point de contact entre l'homme et Dieu, l'instant de la création où l'homme fut fait « à l'image et à la ressemblance ».

  • Existentiel : le centre de soi-même, le cœur profond où réside la vérité de ce que l'on est, par-delà les masques, les rôles, les identités superficielles.

Pourquoi chercher le commencement avant la fin ?

Le logion suggère que la fin ne peut être comprise que si le commencement a été découvert. Pourquoi ? Parce que la fin n'est pas autre chose que le retour au commencement. « Là où est le commencement, là sera la fin. »

Cette affirmation est capitale : elle signifie que la destinée de l'homme n'est pas une fuite en avant vers un ailleurs inconnu, mais un retour vers l'origine, une réintégration dans le principe. La fin n'est pas une rupture absolue, mais un accomplissement, une récapitulation, un retour à la maison après un long exil.

Celui qui cherche la fin sans avoir découvert le commencement cherche quelque chose qui n'existe pas. Il se projette dans un futur imaginaire, il construit des espérances illusoires ou des peurs fantasmées, mais il passe à côté de l'essentiel : le retour au centre, la redécouverte de l'origine, la reconnaissance de ce qui n'a jamais cessé d'être là.

« Heureux celui qui se tiendra dans le commencement »

Le logion se termine par une béatitude : « Heureux celui qui se tiendra dans le commencement, et il connaîtra la fin, et il ne goûtera pas la mort. »

Se tenir dans le commencement

« Se tenir » (ou « demeurer », selon les traductions) suggère une stabilité, une présence consciente, une installation durable. Il ne s'agit pas de visiter le commencement, de l'effleurer ou de le concevoir intellectuellement, mais de s'y établir, de s'y tenir, d'en faire son lieu de demeure intérieure.

Celui qui se tient dans le commencement ne vit plus à partir de ses déterminations extérieures, de ses identités sociales, de ses désirs passagers. Il vit à partir de son centre, de son origine, de sa vérité profonde. Il a retrouvé le lieu où il est pleinement lui-même, parce qu'il est pleinement en Dieu.

Connaître la fin

Cette demeure dans le commencement confère une connaissance de la fin. Non pas une prédiction, non pas une vision détaillée de l'au-delà, mais une certitude intérieure : celui qui se tient dans le commencement sait que la fin n'est pas une destruction, mais un retour, un accomplissement, une réconciliation.

Il n'a plus besoin de demander « comment sera notre fin ? », parce qu'il sait que la fin est déjà contenue dans le commencement, que le terme est inscrit dans l'origine, que le retour est promis dès le départ.

Ne pas goûter la mort

La promesse ultime du logion est que celui qui se tient dans le commencement « ne goûtera pas la mort ». Cette affirmation ne signifie pas qu'il échappera à la dissolution physique, mais que la mort n'aura pas de prise sur lui.

Ne pas goûter la mort, c'est traverser la mort sans en être détruit, c'est passer par la dissolution sans perdre son centre, c'est mourir sans cesser de vivre dans l'essentiel. La mort devient un passage, non une fin ; une transformation, non une annihilation ; un retour, non une perte.

Le drame d'Hiram et la perte du centre

Au Rite Écossais Rectifié, le grade de Maître est entièrement construit autour d'un drame : la mort du Maître Hiram, architecte du Temple de Salomon, assassiné par trois Compagnons qui voulaient lui arracher le mot de Maître.

La mort du Maître

Hiram refuse de livrer le mot, le secret, la parole qui distingue le Maître du Compagnon. Il est frappé trois fois, aux trois portes du Temple, et il meurt sans avoir révélé ce qu'on lui demandait. Son corps est enterré dans un lieu caché, et les meurtriers tentent de dissimuler leur crime.

Cette mort n'est pas un simple fait divers, une anecdote historique ou une légende édifiante. Elle est le symbole de la perte du centre, de la disparition de ce qui ordonnait et structurait le Temple. Sans Hiram, le chantier s'arrête, l'Œuvre est interrompue, la cohérence se brise.

Au niveau individuel, la mort d'Hiram représente la perte de la parole intérieure, la disparition du principe ordonnateur, l'effacement du commencement. L'homme qui a perdu son centre ne sait plus qui il est, d'où il vient, où il va. Il erre sans repère, il travaille sans direction, il vit sans sens.

La recherche du Maître

Lorsque la disparition d'Hiram est découverte, les Maîtres partent à sa recherche. Ils ne cherchent pas seulement un corps, ils cherchent ce que représente ce corps : la présence du principe, la continuité de l'Œuvre, la possibilité de reprendre le chantier.

Cette recherche est longue, difficile, semée d'obstacles. Les Maîtres doivent interroger, fouiller, creuser. Ils finissent par découvrir le tombeau, par exhumer le corps, par constater la réalité de la mort. Il n'y a pas de résurrection miraculeuse, pas de retour immédiat à la vie. Le Maître est mort, et cette mort doit être traversée, non escamotée.

La parole perdue et la parole substituée

En ouvrant le tombeau, les Maîtres constatent que le cadavre d'Hiram commence à se décomposer. Ils tentent de le relever, mais la chair se détache des os. Ils ne peuvent le saisir que par certaines prises rituelles, qui deviennent les nouveaux signes de reconnaissance des Maîtres.

La parole d'Hiram est perdue : elle n'a pas été transmise, elle est morte avec lui. À sa place, les Maîtres instituent une parole substituée, qui n'est pas la parole originelle, mais qui en tient lieu, en attendant qu'un jour la vraie parole soit retrouvée.

Cette parole substituée est l'aveu d'un manque, la reconnaissance d'une perte. Le Maître ne possède pas le secret ultime, il ne détient pas la vérité totale. Il sait seulement qu'il y a eu un commencement, qu'il y a eu une parole pleine, et que cette parole doit être recherchée, jusqu'à ce qu'elle soit enfin retrouvée.

Logion 18 et drame du Maître : correspondances structurantes

La mise en parallèle du logion 18 et du grade de Maître révèle une profonde convergence spirituelle :

Logion 18Grade de Maître RERDynamique spirituelle
« Dis-nous comment sera notre fin »Le candidat au grade de Maître est confronté à la mort d'Hiram, à la question de sa propre finInterrogation sur la mort, sur ce qui arrive au terme de la vie, sur la possibilité d'un au-delà
« Avez-vous découvert le commencement ? »Recherche du corps d'Hiram, descente dans le tombeau, tentative de retrouver ce qui a été perduQuête du centre perdu, du principe ordonnateur, de l'origine qui a été effacée
« Là où est le commencement, là sera la fin »Le Maître découvre que le tombeau n'est pas une fin absolue, mais un lieu de passage, un retour symbolique au sein de la terre (matrice)La mort n'est pas destruction, mais retour au principe, réintégration dans l'origine
« Heureux celui qui se tiendra dans le commencement, et il connaîtra la fin »Le Maître qui a traversé la mort symbolique, qui est descendu dans le tombeau et en est remonté, connaît désormais le sens de la finLa traversée de la mort initiatique confère une connaissance intérieure de la destinée
« Il ne goûtera pas la mort »Le Maître qui a été symboliquement mis à mort et relevé ne craint plus la mort physique : il l'a déjà traverséeLa mort symbolique immunise contre l'angoisse de la mort réelle, elle transforme la mort en passage

« Dis-nous comment sera notre fin » et la confrontation à la mort

Le candidat au grade de Maître est introduit dans une loge tendue de noir, éclairée de lumières funèbres. Tout lui parle de mort, de deuil, de perte. On lui raconte le meurtre d'Hiram, on lui montre le corps gisant, on l'invite à participer à la recherche du Maître disparu.

Cette mise en scène n'est pas un simple théâtre : elle est une pédagogie de la finitude. Le candidat est placé face à la question que posaient les disciples : « Comment sera notre fin ? » Il ne peut plus esquiver, il ne peut plus reporter cette interrogation. La mort est là, présente, incontournable.

Le rituel rectifié ne propose pas de réponse rassurante immédiate. Il ne promet pas un au-delà confortable, il ne décrit pas les délices du paradis. Il confronte le candidat à la réalité brute de la mort, à la décomposition du corps, à la disparition du Maître. Cette confrontation est une épreuve, peut-être la plus difficile de toutes, parce qu'elle touche au cœur de l'angoisse humaine.

« Avez-vous découvert le commencement ? » et la recherche du centre perdu

Le drame d'Hiram est celui de la perte du centre. Le Maître a été tué, le principe ordonnateur a disparu, la parole qui structurait le Temple a été effacée. Les Maîtres doivent partir à la recherche de ce qui a été perdu.

Cette recherche correspond exactement à la question posée par le logion : « Avez-vous découvert le commencement ? » Car ce que les Maîtres cherchent dans le tombeau d'Hiram, ce n'est pas seulement un cadavre, c'est le commencement, l'origine, le principe qui permettait à l'Œuvre de se poursuivre.

Le candidat au grade de Maître est invité à participer à cette recherche. On lui demande de descendre symboliquement dans le tombeau, de fouiller les décombres, de chercher dans l'obscurité. Cette quête n'est pas extérieure : elle est intérieure. C'est en lui-même que le Maître doit retrouver le commencement, le centre perdu, la parole qui a été effacée.

« Là où est le commencement, là sera la fin » et le tombeau comme matrice

Le tombeau d'Hiram n'est pas seulement un lieu de mort, il est aussi un lieu de gestation. La terre qui recouvre le corps est la même terre d'où l'homme a été tiré, la même terre à laquelle il doit retourner pour être régénéré.

Le logion affirme : « Là où est le commencement, là sera la fin. » Le tombeau, lieu de la fin apparente, est aussi le lieu du commencement véritable. En descendant dans le tombeau, le Maître retourne symboliquement au sein de la terre-mère, à la matrice originelle, au point d'où toute vie procède.

Cette descente n'est pas une chute définitive, mais un passage nécessaire. Pour renaître, il faut d'abord mourir ; pour retrouver le commencement, il faut accepter de traverser la fin. Le tombeau est le lieu de cette coïncidence paradoxale : là où tout semble s'achever, là commence une vie nouvelle.

« Il connaîtra la fin, et il ne goûtera pas la mort »

Le Maître qui a traversé symboliquement la mort accède à une connaissance que les autres ne possèdent pas. Cette connaissance n'est pas théorique, elle est existentielle : elle engage tout l'être, le corps et l'âme, dans une expérience de transformation.

La mort vécue rituellement

Au moment le plus intense de la cérémonie de réception au grade de Maître, le Récipiendaire est allongé à la place du Frère qui jouait le rôle d'Hiram, recouvert du même drap taché de sang. Ce n'est plus une scène extérieure qu'il contemple, c'est lui-même qui devient le Maître assassiné, c'est son propre corps qui gît dans le tombeau.

Cette substitution rituelle n'est pas un simple symbole pédagogique : elle est une expérience initiatique de la mort. Le Récipiendaire ne fait pas semblant, il ne joue pas un rôle avec distance. Il est réellement allongé, dans l'obscurité, recouvert d'un linceul, entouré du silence des Frères. Il ne sait pas combien de temps cela va durer, il ne sait pas ce qui va suivre. Il est, pour un instant qui peut paraître très long, mort symboliquement.

Cette expérience corporelle, sensorielle, émotionnelle, est irréductible au discours. On peut expliquer la doctrine de la mort symbolique, on peut commenter les symboles du tombeau, mais tant qu'on n'a pas été allongé sous le drap, on ne sait pas vraiment ce que signifie mourir pour renaître.

Le commencement par la mort

Le logion 18 posait la question : « Avez-vous découvert le commencement ? » Le rituel du grade de Maître répond de manière paradoxale : le commencement se fait par la mort.

Pour retrouver l'origine, pour retourner au principe, il faut accepter de mourir à l'homme ancien, à l'homme du dehors, à l'homme qui se croyait immortel ou qui refoulait l'angoisse de la mort. Il faut consentir à être dépouillé, déposé, réduit à l'état de cadavre.

Ce n'est qu'en acceptant cette descente, cette mise à mort symbolique, que le Maître peut accéder au commencement véritable. Car le commencement dont parle le logion n'est pas le commencement chronologique de la vie biologique, mais le commencement ontologique, le point où l'homme touche à son être le plus profond, au-delà de toutes les identités superficielles.

Or ce point ne peut être atteint que par une mort symbolique. Tant que l'homme s'identifie à son moi social, à son statut, à ses réussites, à ses possessions, il ne peut toucher le commencement. Il faut qu'il consente à tout perdre, à tout déposer, à se retrouver nu et sans défense, comme un corps gisant dans un tombeau.

Le relèvement

Mais le rituel ne s'arrête pas à la mort. Après un temps de silence et d'immobilité, le Récipiendaire est relevé par les Maîtres, selon les attouchements rituels découverts lors de la recherche du corps d'Hiram. Ce relèvement n'est pas une simple remise debout : c'est une résurrection symbolique.

Le Maître qui se relève n'est plus tout à fait le même homme que celui qui s'était allongé. Il a traversé la mort, il a touché au commencement, il est passé par le lieu où fin et origine coïncident. Il sait désormais, dans son corps et dans son âme, que la mort n'est pas une fin absolue, mais un passage, une transformation, un retour au principe.

Cette connaissance n'est pas intellectuelle, elle est existentielle. Le Maître connaît la fin, non pas parce qu'on la lui a décrite, mais parce qu'il l'a traversée. Et parce qu'il l'a traversée, il ne la goûtera plus jamais de la même manière. La promesse du logion s'accomplit : « il ne goûtera pas la mort ».

Ne plus goûter la mort

« Ne pas goûter la mort » ne signifie pas échapper à la mort physique. Le Maître mourra un jour, comme tout homme. Mais il ne goûtera pas la mort, c'est-à-dire qu'il ne la subira pas comme une destruction absolue, comme une annihilation de son être.

Celui qui a été initié au grade de Maître, qui s'est allongé sous le drap taché de sang, qui est descendu symboliquement dans le tombeau et qui en est remonté, sait que la mort n'est pas le dernier mot. Il sait que là où est le commencement, là sera la fin. Il sait que mourir, c'est retourner à l'origine, réintégrer le principe, rentrer à la maison.

Cette certitude intérieure transforme radicalement le rapport à la mort. L'angoisse ne disparaît pas nécessairement, mais elle est relativiséeencadréeinterprétée à la lumière de l'expérience initiatique. La mort devient un passage connu, un chemin déjà parcouru symboliquement, un retour attendu vers le commencement.

La parole perdue et la quête du commencement

L'un des enseignements centraux du grade de Maître est que la parole a été perdue. Hiram est mort sans transmettre le mot de Maître, et les Maîtres qui l'ont retrouvé n'ont pu instituer qu'une parole substituée, en attendant que la vraie parole soit un jour retrouvée.

La parole comme commencement

Dans la tradition biblique et maçonnique, la parole n'est pas un simple mot, mais un principe créateur. « Au commencement était le Verbe », dit l'Évangile de Jean. La parole est ce qui donne forme au chaos, ce qui ordonne le Temple, ce qui structure l'Œuvre.

Perdre la parole, c'est perdre le commencement. C'est se retrouver coupé de l'origine, privé du principe ordonnateur, incapable de poursuivre l'Œuvre selon le plan initial. Les Maîtres qui découvrent le corps d'Hiram constatent cette perte : le Maître est mort, et avec lui est morte la parole qu'il portait.

La parole substituée comme aveu du manque

La parole substituée n'est pas une consolation, c'est un aveu. En instituant une parole qui n'est pas la vraie parole, les Maîtres reconnaissent qu'ils ne possèdent pas le commencement, qu'ils n'ont pas encore découvert l'origine dans sa plénitude, qu'ils sont encore en chemin.

Cette reconnaissance est fondamentale : elle distingue le Maître du faux sage, du doctrinaire qui prétend tout savoir, du dogmatique qui possède la vérité absolue. Le Maître sait qu'il ne sait pas complètement, il sait que la vraie parole lui échappe encore, il sait qu'il doit continuer à chercher.

Le logion 18 posait la question : « Avez-vous découvert le commencement ? » Le Maître rectifié répond honnêtement : « J'ai commencé à le découvrir par la mort symbolique, mais je sais que le chemin n'est pas achevé. La vraie parole doit encore être retrouvée. »

L'espérance de la vraie parole

La parole substituée n'est pas définitive. Elle est provisoire, instituée « en attendant » que la vraie parole soit retrouvée. Cette attente est constitutive de la condition de Maître : il vit dans l'espérance d'une restauration future, d'une réintégration complète, d'un retour au commencement plénier.

Cette espérance n'est pas passive. Elle engage le Maître à poursuivre sa quête, à approfondir sa recherche, à travailler sans relâche à la rectification de lui-même et du monde. La parole perdue doit être retrouvée, et chaque Maître participe, par son travail intérieur, à cette recherche collective qui traverse les siècles.

Conclusion : de la mort au commencement

Le grade de Maître au Rite Écossais Rectifié, lu à la lumière du logion 18 de l'Évangile selon Thomas, révèle une pédagogie paradoxale : le commencement se découvre par la mort.

Le Récipiendaire qui s'allonge sous le drap taché de sang, à la place d'Hiram, fait l'expérience corporelle et spirituelle de la mort symbolique. Il descend dans le tombeau, il touche au lieu où fin et commencement coïncident, il traverse le passage qui sépare et unit à la fois la vie ancienne et la vie nouvelle.

Cette expérience initiatique transforme radicalement son rapport à la finitude et à l'origine. Il sait désormais que la mort n'est pas une destruction absolue, mais un retour au principe, une réintégration dans la source. Il sait que la question « comment sera notre fin ? » ne peut recevoir de réponse que si l'on a d'abord découvert le commencement.

Le Maître rectifié vit dans la conscience de la parole perdue et dans l'espérance de la parole retrouvée. Il sait qu'il n'est pas encore parvenu au terme, mais il sait aussi que le chemin est tracé, que le commencement existe, et que « là où est le commencement, là sera la fin ».

Le logion 18, par son enseignement sur la coïncidence du commencement et de la fin, éclaire le sens profond du drame d'Hiram : non pas une simple légende édifiante, mais une méthode initiatique qui fait passer l'homme par la mort pour le conduire à la vie véritable, celle qui ne goûte plus la mort parce qu'elle se tient dans le commencement éternel.

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